Canal + renonce aux droits de diffusion minoritaires existants pour la Ligue 1 en puissance

Parler à Le Figaro, PDG de Canal Plus, Maxime Saada, a annoncé que le radiodiffuseur avait décidé de renoncer à ses droits actuels de diffuser deux matches de Ligue 1 par week-end, dans le but de déclencher un tout nouveau tour d’enchères sur les droits, suite à la dissolution imminente du diffuseur principal Téléfoot Chaine.

Dans l’intervalle, Saada suggère que la Ligue 1 fonctionne sous un système de paiement à la séance.

Saada a décidé qu’après le 5 février, Canal + ne paierait plus pour diffuser les deux matches d’un week-end sur lesquels ils ont actuellement des droits, le match du samedi soir et le match du dimanche après-midi, pour lesquels le point de vente paie annuellement 330 millions d’euros.

Saada cherche désormais à contraindre la LFP à lancer un nouvel appel d’offres pour les droits couvrant la période 2020-24:

« Nous sommes enfin arrivés à la conclusion côté Canal + qu’il est dans l’intérêt de toutes les parties de se lancer dans une procédure d’appel d’offres. Nous avons donc envoyé une lettre à la LFP pour indiquer que nous renonçons à nos droits sur le lot 3 que beIN Sports nous a concédé… Nous conserverons notre lot jusqu’au 5 février car nous avons payé jusqu’à cette date.

Saada, qui avait initialement déclaré publiquement que Canal + souhaiterait récupérer la totalité des droits de Ligue 1 auprès de Mediapro, qui diffuse actuellement les 8 autres matches par semaine de match de Ligue 1, prend désormais un air différent.

«Il y a eu une perte de confiance entre Canal + et les responsables du football français. Nous n’avons pas été traités correctement ces dernières années. On n’oublie ni le report des matches par la LFP sans concertation lors du mouvement des «gilets jaunes», ni l’argent supplémentaire demandé pour reporter le coup d’envoi du match de dimanche soir de 15 minutes, et encore moins les célébrations de nombreux présidents lorsque Canal + est revenu les mains vides de l’appel d’offres 2018. Je précise que Vincent Labrune n’a rien à voir avec cela. Il est probablement aussi l’un des rares à pouvoir restaurer la confiance.

Saada soutient que la Ligue 1 est surévaluée depuis des années:

«Nous pensons que la Ligue 1 est subventionnée depuis de nombreuses années. Aucun diffuseur n’a réussi à le rentabiliser. Il est même doublement subventionné puisqu’un club comme le PSG, qui représente sans aucun doute une part substantielle de la valeur intrinsèque de la Ligue 1, investit à perte.

«La Ligue 1 en tant que produit s’est dégradée en termes absolus. Sa diffusion sur Téléfoot a fortement réduit la visibilité de la concurrence… de plus, l’arrivée de Mediapro a contribué à la croissance exponentielle du piratage… Depuis l’appel d’offres de mai 2018, nous nous sommes adaptés.

Saada fait référence à la récente acquisition par Canal Plus des droits du Top 14 du rugby, du Moto GP et des accords de distribution exclusive avec beIN Sports et Disney Plus, ainsi qu’au retour de la Ligue des champions dès le début de la saison prochaine.

«Il y a un problème structurel d’attractivité pour la Ligue 1… Bien sûr, vous ne pouvez pas simplement diffuser des clasicos. Ce ne serait même pas souhaitable. Mais le football français peut-il encore soutenir un système de plus de 40 clubs professionnels, dont 20 en Ligue 1? Il est souhaitable que les clubs se posent la question de l’attractivité de leur produit et acceptent de se réformer. Le monde du rugby l’a compris en créant le Top 14, un championnat homogène et attractif.